Italia Graeca. Cette journée d’étude aura lieu le mercredi 15 mai à 14h00, site St-Charles 1, salle 002 à l'Université Paul Valéry. Elle est consacrée à deux sites emblématiques du monde colonial grec d’Occident, l’Incoronata et Megara Hyblaea. Entre mondes indigènes et mondes grecs, cette journée sera l’occasion d’éclairer certains dossiers de Gaule méridionale en les replaçant dans une perspective méditerranéenne où les problématiques ont été considérablement renouvelées au cours de ces dernières années.

 

Le site de l’Incoronata, en Basilicate, a été découvert dans les années 1970. Localisé sur une colline à environ 7 km de la mer, il est occupé entre la fin du IXe et la fin du VIIe s. av. n. ère et précède chronologiquement la fondation de la colonie de Métaponte. Les fouilles entreprises en 2002 à l’Incoronata sous la direction de M. Denti (Université Rennes 2) ont considérablement renouvelé la vision que l’on avait du site, longtemps considéré comme un emporion grec installé aux côtés d’une communauté indigène «  Oenôtre ». Sur ce site indigène s’installe au VIIe s. av. n. ère une communauté grecque, qui développe sur place une importante production céramique. Les deux groupes semblent particulièrement imbriqués, tandis que de nombreuses pratiques rituelles témoignent du rôle éminemment symbolique du lieu. L’incoronata constitue un site majeur pour la compréhension des phénomènes de rencontre et d’intégration entre les communautés indigènes de l’âge du Fer et les premiers groupes de Grecs provenant de l’Égée, au tout début du VIIe s. av. n. ère sur la côte ionienne de l’Italie méridionale.

Mégara Hyblaea est une des plus anciennes cités grecques de Sicile, fondée sur la côte orientale de l’île dans le troisième quart du VIIIe s. av. n. ère  par des colons venus de Mégara, cité de l’Isthme de Corinthe. Le site,  découvert à la fin du XIXe siècle, a fait l’objet de recherches d’ampleur, menées à partir de 1949 par l’École française de Rome, sous la direction de G. Vallet et F. Villard. Mégara Hyblaea, connue par le plan « hippodaméen » de l’habitat ainsi que par sa nécropole, forte de près d’un millier de tombes, constitue une référence pour le monde grec colonial entre Grande-Grèce et Sicile. En parallèle aux nombreuses études en cours, les fouilles de ce site emblématique ont été reprises en 2017 par J.-C. Sourisseau et H. Tréziny (CCJ) à l’est du grand sanctuaire du nord-ouest, là où des prospections ont suggéré la présence de maisons d’époque archaïque.

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