2015

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HAL : Dernières publications
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  4. Le 24 février 2015 s’est tenue à Montpellier une table ronde rassemblant les membres du projet « La Thèbes des morts » inscrit dans le cadre du LabEx Archimède. Les participants ont exposé le bilan d’un an de travail et, chacun dans son domaine a montré comment, au cours du Ier millénaire avant J.-C., s’est manifestée la dynamique de la pensée thébaine dans le domaine funéraire. On trouvera ici un résumé des communications.
  5. Identification du titre jmy-nww transmis par la documentation écrite issue des fouilles d’el-Bahnasa / Oxyrhynchos.
  6. Le verbe causatif sʿnḫ, communément traduit par « faire vivre » ou « maintenir en vie », engage une réflexion générale sur les modalités du maintien du flux vital opéré par une autorité, qu’elle soit de nature morale, religieuse ou politique. Il apparaît que le « faire vivre » sʿnḫ ne rend jamais compte d’un acte créateur initial, mais plutôt de sa perpétuation, de son actualisation ou de sa répétition. Ainsi, dans un contexte funéraire, ce verbe sera mieux rendu par le sens « faire revivre » et, dans certaines circonstances, sʿnḫ peut encore être traduit par « nourrir », « approvisionner » ou encore « croître ». Cette étude s’achève sur le cas du « sculpteur » sʿnḫ(w) qui révèle une autre facette du champ sémantique de ce lexème.
  7. Cloyes-sur-Marne (Marne), La pièce d'Isle, Les Terres Plates Occupations protohistoriques dans le Perthois Chronologie Hallstatt Ère industrielle Sujets et thèmes Bâtiment Structure funéraire Fosse Trou de poteau Fossé Mobilier Céramique Faune Cloyes-sur-Marne (Marne), La pièce d'Isle, Les Terres Plates L'opération de diagnostic archéologique réalisée sur deux parcelles Z 64-65 et Z 49-50 de la commune de Cloyes sur Marne (51) fait suite à une demande volontaire déposée par Blandin SA. Le diagnostic prescrit par le Service Régional de l'Archéologie et réalisé par l'Inrap a pour but de détecter le potentiel archéologique de la surface totale du projet soit 100 301 m², en raison de sa localisation dans une zone révélant un riche patrimoine archéologique. L'opération archéologique se décompose en deux zones distinctes à 400 m de distance. Cent dix-sept sondages et douze extensions ont été réalisés, ce qui représente un taux d'ouverture de 10%. La côte d'apparition des vestiges oscille entre 86 et 102 m NGF soit 0,50 m sous le niveau du sol actuel (profondeur moyenne d'apparition des vestiges : 0,40 m). 51 unités stratigraphiques (US) ont été définies au cours de l'opération, elles sont relatives à 2 structure et 21 faits. Deux vestiges ont livré du mobilier céramique soit environ 23% de la totalité des vestiges. Le mobilier céramique récolté concerne l'époque protohistorique, et plus précisément l'âge du Fer. Toutefois compte-tenu du mode de construction des vestiges et de la céramique associée, une phase d'occupation a pu être mise en évidence : L'occupation protohistorique est représentée par quatorze faits et deux structures. Elle est datée plus précisément de l'âge du Fer par le mobilier céramique récolté dans le comblement de deux tronçons de fossés de la structure 2. Ces vestiges occupent une superficie totale de 8 854 m² et se répartissent sur la parcelle Z 64-65 (zone 2000). Malgré la présence d'autres vestiges (trous de poteau et fosses) dans l'environnement immédiat des structures 1 et 2, aucune organisation générale nous permettant d'intégrer ces vestiges dans un ensemble plus important n'a pu être observée. Nous pouvons en revanche émettre l'hypothèse selon laquelle ces faits doivent fonctionner avec les vestiges du premier âge du Fer environnent. Ces vestiges isolés ne nous permettent pas de caractériser clairement une occupation, ni même de pouvoir cerner son ampleur spatiale. En revanche, ces vestiges laissent entrevoir la diversité des occupations déjà mise au jour lors de précédentes opérations. En effet, au regard du contexte archéologique, des vestiges datés du premier âge du Fer ont été repérés sur les parcelles limitrophes lors de fouilles anciennes, de prospections aériennes ou encore plus récemment d'opérations d'archéologie préventive. Une occupation a également été mise au jour lors d'une fouille probablement datée de La Tène. En outre, le mobilier céramique, composés de 4 fragments de panses (us 2022) en pâte commune sombre grossière comportant des inclusions de chamotte abondante et d'un fragment de fond (us 2008) permet d'établir une datation de la structure 2 de l'âge du Fer et plus précisément de la Tène moyenne. La chronologie reconnue ici semble donc corroborer les indices d'une occupation protohistorique déjà mise au jour sur la commune de Cloyes sur Marne et sur les communes environnantes. Le diagnostic des parcelles Z 64-65 et 49-50 a donc livré de nombreuses informations mais qui restent lacunaires et incertaines tant quelques attributions chronologiques peuvent être litigieuses et l'interprétation des structures délicates compte-tenu du peu de mobilier datant. Seule une vision globale de l'occupation pourrait confirmer ou infirmer ces interprétations.
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  10. Les dépôts non funéraires nous renseignent sur le monde cultuel et rituel d'une communauté. La pratique de l'enfouissement volontaire, dans un lieu particulier, d'un assemblage d'objets choisis et extraits ainsi du cycle de la consommation directe et du recyclage, participe à la compréhension du mode de vie d'une communauté. Des dépôts personnels aux cachettes, l'étude de cette catégorie a évolué depuis quelques dizaines d'années et elle vise aujourd'hui à une remise en perspective historique et sociale, afin de remonter aux gestes et aux intentions qui se cachent derrière ces vestiges enfouis. Dans le cadre de ce colloque dédié à l'eau, notre contribution portera sur les dépôts en milieu aquatique connus dans l'ensemble de la France au Premier âge du Fer, leur agencement et leur distribution spatiale et chronologique. Une attention particulière sera portée à l'apparition et à la composition des dépôts de fibules et de parures, dont le dépôt de la Douix (Châtillon-sur-Seine), ensemble exceptionnel dans le contexte des dépôts en milieu aquatique de la fin du Premier âge du Fer.
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  14. Comprendre la fonction des sols d’occupation néolithiques dans les sites de plein air est fondamentale pour appréhender les modes d’occupation, tant à l’échelle de l’habitat qu’à celle du territoire. Pour autant, leur identification est souvent discutée en raison de l’absence de critères morphosédimentaires évidents. Même s’ils sont matérialisés par des concentrations de mobilier, la question de leur conservation reste généralement posée, limitant de fait l’interprétation. Depuis deux décennies, les recherches géoarchéologiques menées en archéologie préventive et fondées sur la micromorphologie des sols, se sont attachées à la compréhension des modes de formation des sols d’occupation, en terme de conservation, de matérialité et de temporalité des espaces qu’ils reflètent. Elles tentent également de préciser les indicateurs fiables perceptibles au cours de la fouille. Les résultats présentés dans cet article portent sur les sols d’espaces extérieurs identifiés comme des cours et sur les sols aménagés dans les bâtiments et sont illustrés par des exemples de sites archéologiques aux contextes considérés comme peu favorables à la conservation des sols d’occupation.
  15. Les sols d'occupation néolithiques ont longtemps été considérés comme non conservés sur les sites de plateau. Les nappes de mobilier retrouvées en Beauce (région Centre) et datées de la fin du Néolithique ont été alors régulièrement interprétées comme des couches remaniées bien que les contextes géomorphologiques et pédologiques ne soient pas précisés. Par conséquent, les nappes de mobilier conduisent à s'interroger sur le caractère en place du mobilier et sur les processus taphonomiques expliquant leur conservation. Cet article présente ainsi la démarche géoarchéologique adoptée et fondée sur les concepts de la pédologie et de la micromorphologie des sols. Les résultats ont ainsi permis d'identifier des sols de cour et de préciser leur statut au sein de ce type d'espace.
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  18. From its source to the Mediterranean Sea, the Vidourle valley, 95 km long, meets the various landscapes of the low-Languedoc géo-system. Through its journey, the river runs across the Cévennes (a small chain of mountains), the karstik hills, the garrigue and the Camargue. This very rich natural environment is a perfect field for spatio-temporal analysis of settlements from the Iron Age to the High Middle Ages. Occupied since millenaries, this valley is of great archaeological wealth and allow us to question the behavior of man towards a river, through his travels and his way to develop the land, but also provides some answers on the roles of streams in this development. Based on many already advanced archaeological works (excavations, surveys, geomorphological analysis), this study was completed by new fieldworks in the upper valley of the river, expanding our knowledge of the settlement and helping us to provide a database of 832 archeological sites on which this analysis is based. Combining archeology, history and geography, along with the use of well known methods of studies (G.I.S, statistics, etc.), this research highlights the desire to offer a review of the issue of dynamics in valley of Vidourle. The broad chronological framework strengthens this desire and gives a more complete picture of the history of human occupation.
  19. Plusieurs objets atypiques ont été découverts au sein de tranchées de fondation de mur à Olbia de Provence, lors des fouilles menées sous la direction de Michel Bats entre 2002 et 2008, certains formant un ensemble complexe de plusieurs éléments enfouis simultanément. La localisation de ces objets comme leur caractère particulier poussent à les interpréter comme des dépôts à caractère rituel en contexte domestique. Après une présentation détaillée des trois ensembles mis au jour au sein de l'îlot VI, ces dépôts seront mis en perspective avec des découvertes similaires dans le monde grec, dont une découverte faite à Agde dans les sondages de la rue Perben.
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  21. Le sujet abordé dans cet article a pour matière principale l’archéologie et s’inscrit dans la lignée des recherches consacrées au peuplement ancien du Languedoc oriental. Cette étude traite d’un inventaire de sites archéologiques localisés en basse vallée de la Cèze, dans le département du Gard et en milieu rural, ainsi que de la mise en perspective de ces établissements dans une synthèse sur les dynamiques de peuplement sur une période comprise entre le IIe s. av. et le VIe s. de n. è. Le travail de synthèse explicitant les dynamiques de peuplement en basse vallée de Cèze s’est appuyé sur un corpus de 84 sites, qui a fait l’objet d’une classification par le biais d’outils statistiques, et d’une spatialisation grâce à l’emploi du SIG. Cette étude a donc pour objectif de donner une première vue synthétique des données issues des campagnes de prospections et des fouilles archéologiques et, en les replaçant dans leur contexte géographique, de caractériser les établissements ruraux gallo-romains afin d’en montrer l’évolution spatiale et chronologique. L’analyse spatiale ici explicitée se donne pour dessein de comprendre les logiques du système de peuplement rural en essayant de répondre à une question principale : quelles sont les modalités de création, de disparition, voire de transformation des établissements antiques ?
  22. Cette étude céramologique, extraite d’un doctorat d’archéologie soutenu en 2014 et portant sur les dynamiques de peuplement en basse vallée de la Cèze du IIe s. av. au VIe s. de n. è., concerne un ensemble d’une trentaine de sites archéologiques antiques. Le matériel céramique issu de deux sondage réalisés sur l’oppidum du Camp de César à Laudun-l’Ardoise a fait l’objet d’études particulières, alors que les tessons localisés sur des sites antiques au cours de campagnes de prospection, ont été intégralement relevé au réel sur le terrain et documentés par la suite. L’analyse de ce mobilier céramique, provenant aussi bien de sites localisés au cours de prospection archéologique pédestre que de sondages, a permis de réaliser une synthèse des productions et des importations recensés dans cette micro-région de la moyenne vallée du Rhône.
  23. Jusqu'à la mise en place de la collection "Paléographie hiéroglyphique" à l'IFAO (sous la direction de D. Meeks) et hormis quelques publications ponctuelles (cf. notamment M. Murray, N. de Garis Davies et H.G. Fischer), cet aspect de l'égyptologie a trop souvent été mis de côté. En effet, si la linguistique et la grammaire égyptiennes ont longtemps formé l'essentiel des études à propos des textes égyptiens, une nouvelle approche, centrée sur les signes eux-mêmes (gravés ou peints), s'est développée. Cette approche, encore partielle mais encourageante, permet à l'égyptologie de prendre ses distances avec les multiples fontes et logiciels permettant la transcription des inscriptions hiéroglyphiques. Au travers de cet article, et à l'aide de divers exemples issus de mastabas de l'Ancien Empire, je tente de démontrer l'utilité de la paléographie hiéroglyphique pour les recherches à venir - qu'elles se fondent sur les documents de l'Ancien Empire ou des autres périodes. Ainsi, bien que les particularités observables dans l'écriture hiéroglyphique n'aient pas toujours d'implication sémantique dans la compréhension des textes, leur examen minutieux ne pourra qu'être bénéfique pour une meilleure compréhension du système d'écriture égyptien et de son rapport à l'image, si souvent souligné.
  24. La construction, par l’entreprise SEMCODA SA, de 67 logements et d’un local artisanal à Villars-les-Dombes (Ain) sur les parcelles BR 67 et BR 68, a donné lieu à une opération d’archéologie préventive, réalisée du 2 au 27 février 2015 par la société ARCHEODUNUM SAS. Le site, d’une emprise de 1200 m², se situe dans le village actuel de Villars-les-Dombes, en périphérie immédiate du bourg médiéval. La poype, motte castrale et siège de la seigneurie médiévale des Villars, est située à quelques dizaines de mètres à l’est du site. La fouille a mis en évidence un espace périurbain occupé du xie au xiiie s., ainsi qu’aux époques modernes et contemporaines. Les occupations médiévales sont caractérisées par des structures agricoles (silos fossoyés), des constructions sur poteaux et des activités de transformation (foyers successifs, scories métalliques, etc.). Ces vestiges témoignent des usages successifs d’un espace périurbain dont la fonction fluctue dans le temps. Le principal vestige de l’occupation médiévale est un important four de tuilier du début du xiiie s. bénéficiant d’un bon état de conservation. Il se présente sous forme d’un four quadrangulaire de 4,30 x 2,50 m, excavé et parementé d’adobe lié à l’argile, accompagné d’une fosse de travail excavée. Les deux fosses sont reliées par un alandier voûté, creusé en sape dans le terrain naturel. Les piles partiellement conservées et les briques issues de l’effondrement du four permettent de restituer une sole en briques alternées. La production du four, dont témoignent de nombreux ratés de cuisson, est constituée de tuiles canal. Aucune autre structure de l’atelier de tuiliers de Villars n’a pu être mise en évidence dans l’emprise de fouille. Le four lui-même connait un usage limité dans le temps, avant d’être abandonné et de voir sa fosse de travail partiellement recreusée pour servir de mare. L’occupation moderne et contemporaine témoigne de l’extension, tardive, du bourg de Villars-les-Dombes hors de ces fortifications médiévales. Ainsi plusieurs bâtiments en pierre, maçonnés au mortier de chaux, ont pu être identifiés pour la fin de la période moderne et le début de la période contemporaine.
  25. Le « chantier B » de Kition-Bamboula, fouillé de 1981 à 1989, a livré peu de restes fauniques en dépit de son extension et du nombre de structures explorées (tableau 2) ; on y a ainsi dénombré 253 restes de mammifères dont 184 ont été déterminés, 10 d’oiseaux, 14 de poissons, et 31 de coquillages1. Sur l’en- semble du site de Bamboula, ils s’ajoutent aux restes déjà publiés provenant du sondage LN 13, dont un niveau (locus 314) est daté du Bronze récent 2, et au lot recueilli dans le bassin 417, dont le remplissage est daté du iiie s. av. J.-C.3. Le matériel faunique des fouilles du « chantier B » a été étudié lors d’une mission à Larnaca en no- vembre 20104. Les ossements d’oiseaux et de poissons ont été exportés au laboratoire d’archéozoologie de l’UMR 5140 (CNRS, université Paul Valéry de Montpellier) à l’issue de cette mission afin d’être analysés dans les meilleures conditions5.
  26. Amphorae used for storing and exporting wine were produced in number of pottery workshops located in Gallia Narbonensis (south France) from the Augustan period to the 4st. The shapes of most of these amphorae correspond to a regional pottery tradition consisting on globular or ovoid bodies with flat bases. However, some pottery centres also adopted and imitated Italic and Hispanic prototypes with pointed bases, which were produced simultaneously. The present study reports on new archaeometric research conducted on amphorae (Gauloise 1, 2, 3, 4, Dressel 1 and Dressel 2-4 types) and tableware from the pottery workshop located at Lattara (Lattes, Hérault). Although no pottery kiln has been recovered at this Roman settlement, the excavation of the southern area near the port provided a massive pottery dump dated to the 1st century AD. It consisted on fragments of amphorae mixed with adobe and bricks pertaining to kiln structures and a succession of clay deposits and layers of ash and charcoal. The chemical, mineralogical and petrographic composition of the pottery sherds was examined through XRF, XRD and thin section analysis. Provenance was investigated by comparing the geochemical composition of the pottery sherds with seven clayey sediments and two building materials. The study revealed that the Gauloise 1 and 4 (the former intended for local-regional diffusion and the second for large-scale trade) were the main amphora types produced at Lattara; tableware and building materials were also manufactured at this site while the local amphorae repertoire also included a few Gauloise 3 and Dressel 2-4; Specific technological processes involved in the pottery manufacture (i.e. raw materials processing and firing) were also determined. Furthermore, a few imports of Gauloise 1, 2, 3 and Dressel 1 types from other pottery workshops were also detected within the dump.
  27. Les techniques d’enregistrement de l’archéologie du bâti sont génératrices d’une très lourde documentation de terrain. La mise en œuvre d’un SIG “3D” pour l’architecture est à même d’en simplifier la gestion. Tout d’abord initié pour l’étude d’une domus sur le site de Rirha (Maroc), l’outil a été repensé comme une base de données spatialisée dans le cadre d’une opération liée au PCR Les ports antiques de Narbonne : en cours d’élaboration à Gruissan (Aude), le SIG “3D” s’avère également être un outil d’aide à la restitution des volumes, et d’expertise quant à la faisabilité de la modélisation 3D des vestiges, mais aussi de questionnement durant le déroulement du chantier archéologique. Pessac (France) 27, 28 et 29 novembre 2013 Conditions d'utilisation : l'utilisation du contenu de ces pages est limitée à un usage personnel et non commercial. Tout autre utilisation est soumise à une autorisation préalable. Contact : Acquisition des données archéologiques en 3D : vers un outil de ges-tion dynamique en 3D pp.107-112
  28. Dans la partie nord-est du site, la fouille de la zone 1 (délimitée par un caisson de palplanches destiné à pouvoir travailler sous le niveau de la nappe phréatique) a débuté en 1983 avec pour objectif d’atteindre les niveaux de fondation de Lat¬tara, dont la chronologie est à ce jour fixée au tout début du Ve s. av. J.-C. Les travaux ont été menés à terme en 2015, et le substrat atteint sur l’ensemble de la zone, permettant de disposer d’une nouvelle fenêtre sur les niveaux de la première moitié du Ve s. av. J.-C., période qui se décompose ici en trois phases distinctes, couvrant respectivement les environs de -500 (phase 1T), le premier quart du Ve s. av. n. ère (phase 1S) et le deuxième quart de ce même siècle (phase 1R). La phase 1S, partiellement entrevue en 2014 où elle apparaissait comme l’état le plus ancien, s’est en fait avérée faire suite à une phase antérieure (1T) qui renouvelle sensiblement la problématique liée aux premiers temps de Lattara. En effet, les résultats inédits obtenus à l’issue de ce programme complètent ceux obtenus jusque là par les travaux menés dans la zone 27, dans la partie méri¬dionale du site et publiés dans le tome 22 de la série Lattara (Lebeaupin 2014). La problématique relative aux origines du comptoir protohistorique de Lattara et du rôle joué par les Étrusques s’avère en effet centrale pour pouvoir comprendre les mécanismes ayant conduit à la création de ce point d’interface avec la Méditer-ranée, ses liens avec l’établissement voisin de La Cougourlude et son évolution dans un contexte d’intégration rapide à la sphère d’influence massaliète. La phase la plus ancienne (v. 500-480 av. J.-C.) témoigne d’une implantation sur ce qui se présentait alors comme une étroite langue de sable limoneux issue d’une progradation du delta du Lez, émergeant d’à peine quelques dizaines de centimètres au-dessus du niveau marin. Sur ce paléosol, une division de l’espace est opérée, via la délimitation de parcelles, matérialisées dans un premier par des structures légères de type palissade ou enclos. Rapidement, des apports de matériaux sont réalisés afin d’aménager des axes de circulation parfaitement orthonormés (N/S-E/O) qui reprennent les tracés antérieurs. Dans l’un de ces lots ainsi constitués, une maison en torchis de plan monoabsidial précédée d’un auvent a été mise au jour. Strictement orientée E-O, son état de conservation exceptionnel, dû notamment à la préservation des bases poteaux en bois imbibés d’eau, a permis de restituer un plan original dans le contexte du Midi de la Gaule. Avec une mise en oeuvre et une division de l’espace très régulières, cet édifice appelle la comparaison avec des modèles connus à la même époque en Étrurie, dans des contextes d’habitat rural. Le mobilier céramique associé à cette phase affiche une consonance étrusque très forte. La céramique non tournée indigène, bien que présente, est néanmoins largement minoritaire face aux productions tournées. Parmi celles-ci, on note à la fois la part importante des céramiques communes étrusques (vases à cuire et mortiers) et celle du bucchero nero. Les amphores, qui représentent de loin la plus grande partie du mobilier, sont presque exclusivement étrusques. Cette division régulière de l’espace, qui témoigne d’un schéma d’organisation préétabli qui renvoie à des mécanismes connus dans le contexte d’une entreprise coloniale, synonyme de fondation ex nihilo, est reprise et modifiée durant la phase suivante (v. 480-470 av. J.-C). Il est possible que le rempart archaïque, daté de manière lâche dans le premier quart du Ve s. av. J.-C. et considéré jusque-là comme ayant été construit dès l’origine, n’ait en fait été édifié que durant cette deuxième phase. À ce moment, un chantier de construction est mis en oeuvre, avec un quartier d’habitation dont le schéma, partiellement restitué à partir des mesures observées dans notre fenêtre d’étude, semble montrer qu’il était alors bien adossé au rempart, côté Est, ou séparé de ce dernier par une venelle. Des maisons à plusieurs pièces sont édifiées sur des soubassements en pierre avec des élévations en terre massive ou en adobe. Le fait singulier est que ce chantier de construction soit resté inachevé, un abandon soudain assorti d’un incendie partiel marquant en effet la fin de cette séquence. Chronologiquement, cette rupture est contemporaine de celle observée dans la zone 27 (incendie du quartier étrusque situé de ce côté), autrement dit aux environs de -475. Le tracé incomplet des murs, la présence d’amas de matériaux de construction, la présence de banquettes en bauge inachevées ou encore l’ab¬sence de niveaux de sols bien définis et associés à des structures domestiques, témoignent de l’état d’inachèvement de ce chantier, de fait initié peu de temps auparavant. Dans la partie orientale de la zone de fouille, un appentis en matériaux légers interprété comme un « campement » au milieu de la zone en construction a été incendié, piégeant ainsi un ensemble mobilier où, à côté d’amphores vinaires, l’on retrouve une batterie de vaisselle étrusque particulièrement abondante (bucchero nero et céramique commune) parmi laquelle plusieurs vases servent de support à des graffites en langue étrusque interprétés comme des marques de propriété. L’ensemble de ces observations ne laisse a priori guère de doute quant à l’identité des bâtisseurs. Plus généralement, la place éventuelle accordée à une composante indigène reste difficile à évaluer. Le seul critère de la présence de céramique non tournée est, en effet, à lui seul insuffisant pour autoriser l’hypothèse d’une population mixte. Le mobilier de cette phase montre cependant des évolutions sensibles au regard de celui de la phase précédente. Les céramiques non tournées sont ainsi bien plus nombreuses, représentant près de la moitié d’un répertoire de vaisselle qui tend par ailleurs à se diversifier, avec notamment une proportion désormais significative de céramiques à pâte claire. Autant l’abondance d’une vaisselle de table et de cuisine importées (bucchero nero et céramique commune) semble donc caractéristique des premiers temps de l’installation, autant rapide¬ment une partie des besoins (notamment en termes de préparation et de cuisson des aliments) se voit assurée par des productions locales, sans que cela ne pré¬juge a priori d’une réelle évolution de la population établie sur place. La relative abondance des pâtes claires, principalement représentées par des vases liés à la boisson, conjuguée à une présence significative de vases attiques, est également caractéristique de cette phase. Si un plan d’urbanisme a été conçu dès le départ, les différents quartiers de Lattara n’ont été que progressivement bâtis. Ce chantier a pu s’étaler sur plu¬sieurs mois ou années, expliquant l’apparent décalage observé entre la zone 1 et la zone 27. Ceci étant, dans cette dernière, les fouilleurs avaient déjà émis l’hypothèse d’une occupation de courte durée, soulignant le fait que « il y a bien eu une vie dans ces bâtiments, mais elle a pu ne durer que quelques années, voire quelques mois ; la prolonger sur un quart de siècle paraît excessif » (Lebeaupin, p. 326). On note à ce propos que le faciès mobilier défini de ce côté (phase 27 I1-12) s’apparente bien plus à celui de la phase 1S (de fait calée sur l’intervalle 480-470 av. J.-C.) qu’à celui de la phase 1T. Plus encore, dans cette même zone 27, un paléosol anthropisé (phase 27I3) a été entrevu sous les bâtiments étrusques bâtis à cet endroit. La rareté du mobilier recueilli, conjuguée à l’absence de structures, n’avait toutefois pas alors permis d’individualiser une phase d’occupation réellement antérieure. Il apparaît désormais que, non seulement ce premier état est bel et bien dé¬fini, mais également qu’il semble recouvrir une plage de temps significative, de l’ordre de plusieurs années. La maison absidiale mise au jour dans la zone 1 a ainsi livré une succession de sols associée à plusieurs réfections du foyer central qui, a minima, témoignent d’une certaine durée d’occupation. Les données fournies par la zone 1 nous donnent ainsi l’image d’un site pleinement investi durant les premières années du Ve s. av. J.-C., période durant laquelle est donc opérée une division de l’espace habitable et l’installation d’édifices conçus comme étant à la fois temporaires et non soumis à la contrainte d’un bâti mitoyen. Ce n’est que dans un second temps qu’un vaste programme de construction de tradition méditerranéenne est initié, avec des îlots implantés selon une trame orthonormée. En l’état, laissant de côté la question indigène, l’hypothèse envisagée un temps d’un site mixte caractéristique d’un emporion, où différents quartiers auraient pu abriter des populations différentes, et notamment des marchands méditerranéens autres que des Étrusques (en l’occurrence des Grecs), tend à s’estomper devant celle d’une installation fondamentalement tyrrhénienne (Gailledrat 2015). Plusieurs questions demeurent néanmoins en suspens. Il s’agit en premier lieu des variations de faciès céramique observées entre les deux zones, car en dépit du faciès très «étrusque» de l’ensemble lié à l’un des ensembles fouillés, le mobilier de cette zone pris dans sa globalité accuse un certain nombre d’originalités, liées notamment à une représentation significative de la vaisselle grecque (céramiques à pâte claire et attique). Par ailleurs, les différences architecturales observées entre les zones 1 et 27 s’expliquent peut-être par un simple décalage chronologique ou des fonctionnalités différentes, mais elles invitent également à envisager l’existence de modèles urbanistiques et culturels distincts. Aucun argument ne permet toutefois d’exclure le bâti de la zone 1 des référents tyrrhéniens en la matière. L’autre question non résolue concerne l’éventualité d’une installation encore plus ancienne, déjà envisagée depuis longtemps au vu des mobiliers - encore une fois étrusques - plus anciens (VIe s. av. J.-C.) trouvés de manière erratique en différents points du site (Py 2009, p. 49). L’endroit consistait-il alors en un simple débarcadère précédant géographiquement l’important site indigène sis à La Cougourlude, ou bien abritait-il déjà un habitat permanent ? À l’image de la zone 27, la zone 1 n’a pas livré de niveaux archéologiques antérieurs à -500, mais dans un cas comme dans l’autre, force est de reconnaître que l’on se trouve en périphérie du site, pour ainsi dire au contact de la lagune. L’hypothèse d’une occupation antérieure, dans ce cas plutôt localisée vers le centre de ce qui se présentait alors comme une presqu’île, demeure d’autant plus à vérifier que plusieurs indices, révélés en particulier par le schéma d’implantation mis en place durant la phase 1T, semblent aller dans ce sens.
  29. On considèrera sous cette appellation l’ensemble des céramiques qui, de par leurs caractéristiques techniques et stylistiques, doivent être rattachées aux productions d’ambiance ibérique. Par ce terme il faut entendre, non seulement des productions effectivement issues d’ateliers péninsulaires, et importées en Languedoc, mais également d’autres séries, issues cette fois d’ateliers languedociens ou « ibéro-languedociens ». Les caractéristiques des grandes séries isolées dans l’une et l’autre de ces productions, désignées respectivement par les abréviations IB-PEINT et IB-LANG (Dicocer), ont été décrites (Gailledrat 1997b) : face à l’apparente hétérogénéité de ce matériel, l’existence de groupes offrant des caractéristiques techniques et stylistiques communes permet d’isoler assez aisément les productions ibéro-languedociennes, et en particulier celles du Languedoc occidental pour lequel se pose de manière récurrente la question de ses rapports avec les céramiques à pâte claire de tradition ionienne. Le mobilier importé présente quant à lui, de manière générale, une diversité importante. Les données fournies par le site de Montlaurès apportent à ce titre d’utiles précisions, face au manque relatif de stratigraphies fines pour la fin du premier âge du Fer en Languedoc occidental.
  30. La evolución de las sociedades indígenas del territorio situado entre el Ródano y los Pirineos se inscribe en un contexto europeo más global, donde se suele aceptar un refuerzo de las estructuras de poder que se manifesta particularmente por la emergencia del fenómeno urbano y la afirmación de una verdadera aristocracia. A menudo presentada como un periodo de rupturas, la primera Edad del Hierro se caracteriza efectivamente por una serie de cambios, perceptibles a nivel del hábitat, la cultura material o las prácticas funerarias. Esta noción de ruptura, sin embargo, debe ser matizada respecto a la visión a veces deformada que tenemos de las sociedades de la Edad del Bronce. En efecto, la modelización de estos procesos en términos de antropología social privilegia la idea de sociedades más o menos igualitarias y no totalmente sedentarizadas, que evolucionan durante la Edad del Hierro hacia sociedades de tipo pre-estatal. La aparición y el posterior desarrollo de la metalurgia del hierro, la acentuación de las interacciones con el mundo mediterráneo o la estructuración de territorios políticos acompañan efectivamente a partir del siglo VIII a.C. a un proceso de construcción identitaria en el cual las formas de poder existentes se vuelven más legibles en el registro arqueológico. A pesar de ello, más que una ruptura, la primera Edad del Hierro muestra ante todo la aceleración de procesos dinámicos iniciados anteriormente, y más precisamente durante el Bronce final.