Petit déjeuner ASM : Évolution des paysages du littoral languedocien depuis la Préhistoire, l’exemple de la basse vallée de l’Hérault et des lagunes du Bagnas.

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Petit déjeuner ASM : Évolution des paysages du littoral languedocien depuis la Préhistoire, l’exemple de la basse vallée de l’Hérault et des lagunes du Bagnas.
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Date : 21/12/2018
End date : 21/12/2018
Hour : 10:30 to 11:30
Agenda du labo

Benoît Devillers, MCF à ASM nous parlera de l'Évolution des paysages du littoral languedocien depuis la Préhistoire, l’exemple de la basse vallée de l’Hérault et des lagunes du Bagnas.

Il a le plaisir de vous inviter à partager avec vous les avancés des recherches sur les littoraux agathois se déroulant depuis quatre années. Le paysage du passé est un patrimoine qui suscite l’intérêt des chercheurs et de citoyens car il compose nos lieux de vie. Il permet aussi de comprendre le tissu sur lequel se sont effectuées les activités humaines passées et permet de placer les sites archéologiques dans leur géographie propre.

Depuis la fin de la dernière époque glaciaire, il y a 18 000 ans, le niveau marin s'est relevé de 120 m. La mer a enclenché un mouvement de conquête du continent sur parfois plus de 60 km dans le golfe du Lion et pénètre même profondément dans les vallées fluviales parfois sur plus de 12 km. Depuis 6 000 ans l'élévation du niveau marin s'est fortement ralentie. Les sédiments provenant du continent ont pu ainsi colmater progressivement vallées et littoraux. Ce colmatage s'est fait progressivement, modifiant les lignes de rivages, créant parfois puis faisant disparaitre des lagunes, déplaçant les fleuves... Dans le même temps, ces paysages très mobiles et dynamiques sont occupés et exploités par les hommes depuis le Néolithique (il y a 7600 ans). La nature et la localisation des activités agro-économiques sont en relation direct avec leur environnement, et doivent parfois muter ou se déplacer avec la métamorphose du littoral. Ainsi l'occupation des lagunes durant l'Âge du Bronze, l'implantation des ports et les activités commerciales durant l'Antiquité ne peuvent se comprendre qu'à la lumière de cette géographie du passé.

Les données produites sont principalement issues du projet pluridisciplinaire DYLITAG (Labex Archimede) mais aussi des fouilles de La Motte (dir. J. Gascó puis T. Lachenal) et du PCR EVOLIT (DRAC Occitanie).  Ces projets ont pour objectif de croiser les données issues de la riche documentation archéologique de l’Agathois avec des archives sédimentaires naturelles ou géoarchéologiques encore inédites. Plusieurs  ruptures géomorphologiques qui ont de profondes implications historiques sont mises en évidence ainsi que les régulations successives apportées par les sociétés dans la maîtrise de leur environnement. Le projet s'organise en différents chantiers localisés autour d'Agde qui permettent de couvrir le territoire de la basse vallée de l'Hérault et l'Agathois afin de comprendre son évolution.

Au Néolithique, les rivages se situent à plus de 12 km à l’intérieur des terres dans la vallée de de l’Hérault, ils posent la question de l’accès maritime des sites locaux et de l’introduction de la culture Néolithique.

Durant l’Âge du Bronze, les littoraux se colmatent, les lignes de rivages « avancent », ces milieux de basses plaines littorales sont très mobiles et sont aussi le lieu de vie de communautés paysannes, comme l’ont révélées les fouilles de La Motte.

Durant l’Âge du Fer et l’Antiquité les milieux humides persistent autour de la péninsule agathoise, cette Géographie peut expliquer en partie la topographie de la ville. Le cordon littoral d’Agde à Sète est quant à lui formé et facilite la navigation lagunaire entre les établissements littoraux.

Enfin, les données acquises permettent aussi de mesurer les facteurs d’évolutions des paysages littoraux (détritisme, variations climatiques, anthropisation).

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